Aujourd'hui, dans les couloirs de la mort japonais, plus de cent prisonniers attendent toujours d'être exécutés.
1 ) La peine de mort au Japon
Tout au long de l'histoire du Japon, la mort a été la principale sanction criminelle appliquée.
La pratique de la peine de mort a cependant été interrompue lorsque le Japon est devenue la première nation abolitionniste de 810 à 1156.
Depuis 1156, les exécutions ont repris jusqu'à aujourd'hui.
Depuis que le code pénal nippon s'est occidentalisé sous l'ère Meiji (1868-1912), il autorise la peine de mort pour « les crimes les plus odieux ».
Aujourd'hui, on dénombre 13 chefs d'accusation pouvant entraîner le châtiment suprême, parmi lesquels figurent bien entendu « l'homicide » mais également les crimes de déraillements de train ou de naufrages volontaires ayant entraîné la mort.
Les exécutions se font uniquement par pendaison et ont généralement lieu dans les villes de Tokyo et d'Osaka.
2 ) Quelques chiffres
Le pays n'a connu aucune exécution de 1989 à 1993. Cela est dû au Ministre de la Justice de l'époque, un abolitionniste, qui refusa de signer les décrets d'exécution des condamnés.
Depuis 1993, en revanche, les exécutions ont été régulières. Tous les condamnés à mort étaient coupables de meurtres aggravés ou de vols qualifiés avec homicide.
Depuis quelques années, on observe une hausse du nombre des pendaisons :
2006 : 4
2007 : 9
2008 : 15
Le 7 avril 2007, on a pendu un homme de 75 ans...
En 2007, selon le journal Mainichi Shinbun , 81,4% des japonais sont pour la peine de mort (contre 6 % qui y sont opposés).
Selon la position actuelle du gouvernement japonais, la peine de mort doit être maintenue car une très grande majorité de l'opinion publique la soutient.
3 ) La question des droits de l'homme
Selon la Fédération internationale des Droits de l'homme ( FIDH ), les conditions de détention dans les couloirs de la mort sont extrêmement difficiles : isolement dans une cellule de deux mètres sur quatre, avec un WC, un évier et aucune lumière naturelle. L'éclairage est contrôlé par le personnel de la prison : il fonctionne toute la nuit pour permettre une meilleure surveillance des condamnés ( qui sont filmés 24 h sur 24 ). Manque d'activité, de chauffage, d'air conditionné, de visites ( avec les familles ou avec un avocat ) et de communications avec l'extérieur ( censure des correspondances ) constituent le quotidien des prisonniers.
Les condamnés sont avertis de leur exécution le jour même ( pour éviter toute tentative de suicide ), et leurs familles, seulement le lendemain ( elles ont ensuite 24 h pour récupérer le corps )
Tous les matins, les gardiens sont susceptibles de venir chercher les condamnés à mort pour les emmener à la potence. L'angoisse se fait parfois très longue : plus de 10 ans d'attente pour certains...
Le Ministère de la Justice ne fournit aucune explication ou justification du choix des condamnés qui vont être exécutés. La décision reste entourée de secret et aléatoire : aucun schéma logique n'a été identifié dans le choix des condamnés qui ont été exécutés.
Juste avant son exécution, le condamné rencontre un « conseiller spirituel » ( désigné d'office ) avec qui il peut parler. Il est ensuite amené sur l'échafaud où on lui bande les yeux, attache les mains et passe la corde au cou. L'ouverture de la trappe précipitant le condamné dans le vide est actionnée par trois à cinq boutons que les surveillants doivent presser en même temps. Un seul de ces boutons fonctionne, cela est destiné à déculpabiliser les gardiens, comme la balle à blanc des pelotons d'exécution.
Aucune personne extérieure (journalistes, amis proches, famille...) n'est autorisée à assister aux pendaisons. Le public japonais ne reçoit aucune information préalablement aux exécutions pour empêcher tout débat public et toute protestation.
2 ) Que pensez-vous de la question des droits de l'homme au Japon ?
